Connaissez vous la Douce Violence ?

9782850087493FSFin novembre une formation sur la Douce Violence à été mis en place, accompagnée d’une amie, j’attendais avec impatience le début de la formation, la curiosité me titillait.

Comment une petite cuillère pouvait être une douce violence, quelle douce violence peut provenir d’une petite cuillère qui racle doucement le contour de la bouche pour récupérer la nourriture que bébé laisse échapper lors des repas.

Madame Christine Schuhl  fût notre guide, au bout de 3 heures je peux vous l’avouer, j’ai adoré cette femme. Sa façon de vous expliquer son regard sur la douce violence est simple rempli de sourire, oui facile à assimiler et à comprendre. Cela peut vous sembler puérile, mais c’est important de captiver 450 personnes.

Douce violence est un oxymore, oui deux mots qui s’opposent et se regroupe pourtant, je me demandais si cela était bien nécessaire de travailler encore sur un autre regard autour des enfants.

Quand j’ai réalisée que ce n’est pas si inutile que cela, que de prendre conscience que tout le monde peut faire une douce violence et que c’est l’enfant qui en souffre.

J’ai surtout retenue que la douce violence est la volonté de l’adulte qui prend le pas sur le désir de l’enfant.

Comme guider sa main lors d’un bricolage, de prendre les décisions de l’enfant à sa place. Comme le bavoir, la serviette sous l’assiette ou déshabiller l’enfant lors des repas. Comment pouvons-nous décider cela ? Imaginer ce que l’enfant ressent quand il doit se mettre à table et se retrouve sans ses vêtements ? Devons-nous obligatoirement décider de le dévêtir pour qu’il ne salisse rien ? Sommes-nous certain que cela soit pour son bien ? Ou simplement pour notre bien, notre confort.

La douce violence s’installe par petits gestes que nous pensons anodins, qui facilite notre vie, mais pas celle du bébé finalement.

Mais cela ne s’arrête pas là, vous avez aussi la parole qui voyage au-dessus de l’enfant. Oui ces fameux moments ou tout le monde parle de l’enfant en sa présence comme s’il n’était pas là où ne pouvait entende ce que nous disons.

N’oublions pas que l’enfant est une éponge et que s’il ne comprend pas tout, il ressent et lorsque les parents parlent de leurs soucis, pendant que l’enfant est à vos côtés, comment aborder cela en lui laissant sa place.

Un autre exemple de douce violence, certaine AM rencontre quelques soucis avec les parents de l’enfant qu’elles accueillent , les parents en retard, pas sympa et autre, lors d’une balade elles croisent une collègue et déverse ses soucis de communication qu’elles rencontrent avec les parents devant l’enfant.

Ce petit bout commence à s’agiter, à bousculer les copains, pourquoi cette réaction ? L’enfant ressent et comprend que vous n’avez pas confiance en ses parents du coup il ne peut pas vous faire confiance. C’est sa façon de vous l’exprimer.

Un nouvel exemple d’une douce violence, le petit loulou mord un de ses camarades le matin, une fois de plus. La maman vient le chercher en fin de journée et son AM prévient la maman du geste de l’enfant. Soit la maman va répondre que cela n’est pas de son ressort, car cela s’est passé le matin, ou bien elle va le gronder et même lui mettre une fessé et c’est là que vous aurez la douce violence, car le petit associera retour maman fesser et rien d’autre.

Sommes-nous obligées de tout dire aux parents sur le comportement des enfants dans la journée ? Notre obligation est de leur expliquer que les enfants ont bien mangé, dormis, que côté santé tout va bien, ensuite à nous de décider si nous devons tout dire sur son comportement, si raconter tout de A à Z est nécessaire. Si un comportement de l’enfant peut-être observé et en discuter plus tard dans la semaine avec les parents.

Personnellement, je pense que oui, c’est aussi être professionnelle de juger du moment pour discuter avec les parents de petits comportements des enfants.

Une dernière petite chose qui m’a marqué et que j’avais déjà observé, la réaction de l’enfant quand nous parlons de lui sans le nommer. L’enfant se retrouve dans la pièce avec sa maman et son AM, elles commencent à discuter et tout d’un coup les femmes9782850088667FS parlent d’un « il » , l’enfant va comprendre qu’ils ne sont plus 3 dans la pièce mais 4. Donc n’oubliez pas de demander un moment sans les enfants pour discuter où sinon faite participer les enfants aux discussions, ne pas les ignorez est important.

Je vous laisse digérez ce premier article, rendez-vous dans le deuxième !


23 réflexions au sujet de « Connaissez vous la Douce Violence ? »

    • Oui tu as raison ma belle Coco , pas facile de faire attention dans une journée chargée, mais si déjà nous en avons conscience, nous pouvons limiter les dégâts 🙂

  1. C’est hyper intéressant, sujet sensible et brûlant car hélas, je me sent concerné par certaines choses…
    C’est très difficile de tout contrôler… Nous sommes humaines, on fait déjà tant, mais cet article me fait réfléchir…
    Là ou je me sent coupable c’est en effet, d’avoir parler de l’enfant qui avait été très pénible le soir même ou le papa est venu chercher son enfant, et effectivement le papa a très sérieusement gronder son fils, cela m’avait déjà alerté, dire ou ne pas dire de suite… Je me souviens m’être dit ben la prochaine fois je garderai ça pour moi, tant pis…. mais moi il m’avait excédé faut dire… Mais je me suis senti très coupable de cette réprimande entre le père et le fils… C’est le métier qui rentre (en tant qu’ass mat), c’est ce que je me suis dit pour me déculpabiliser, j’apprends de mes erreurs, dont je ne suis pas fière quand même…
    Et vous, jamais rien?
    Cathy Articles récents…Comment je vois Halloween pour les enfants…My Profile

    • ah ma belle Cathy ne te sens pas coupable, non car cela arrive à tout le monde. Nous apprenons tous les jours et moi aussi je le fais par moment de dire que cela ne sait pas bien passé, mais je pense que nous pourrions le dire aux parents, en mettant en place avant le fait que ce qui se passe dans la journée est dit, mais est déjà réglé:) Pas facile de ne pas faire de douce violence, mais nous pouvons la diminuer 🙂 Donc t’inquiète pas tout va bien et tu es une super AM, puisque tu te poses des questions et ce sont de bonnes questions !!

  2. Encore un livre sur ma liste….

    Pas toujours simple de détricoter notre éducation et cette douce violence reçue tout au long de notre enfance… mais un beau travail a faire sur soi même pour le plus grand bien de nos enfants et ceux qu on garde!!!
    bénédicte Articles récents…présentation…My Profile

    • Exacte Bénéndicte, souvent je le dis autour de moi, les repères que nous avons reçus étant enfants sont toujours difficiles à changer quand ils ne sont pas en accord avec notre regard d’aujourd’hui 🙂

  3. Les enfants tout comme nous ont certaines frustrations et ce n’est pas toujours faciles pour eux de s’exprimer et donc ça sort parfois mal comme…. mordre un autre, frapper ou encore tirer les cheveux. Le problème quand on en parle aux parents à la fin de la journée c’est que l’événement en question s’est passé probablement des heures auparavant et pour l’enfant c’est dans le passé. Il a sûrement déjà été réprimendé sur le moment même mais ça revient le hanter une deuxième fois beaucoup plus tard hors context. Ce n’est pas toujours facile de trouver des solutions idéales à tous ces problèmes d’autant plus que chaque enfant est différent et chaque enfant va réagir différemment à une même punition!
    C’est bien qu’il y ait de ressources pour nous aider dans ce domaine!
    Merci de partager cela, Maryse! Tu nous fais toujours réfléchir 🙂
    Joelle Articles récents…Couleurs et textures d’automneMy Profile

    • Je ne sais pas qui déshabille les enfants pour les,mettre à table, mais d’après madame Schulh, cela arrive , dans les collectivités plus souvent 🙂

  4. J’ai lu son livre sur les douces violences et oui c’est un vaste sujet. Parfois cela m’a alerté d’autres fois je trouvais que ça allait trop loin : Effectivement nous ne sommes que des êtres humains. J’essaie de faire attention aux mots ( je ne dis plus que l’enfant mange comme un cochon par exemple et oui je l’associe aux transmissions du soir avec ses parents ) mais encore une fois pour fréquenter une association d’ass mat et le ram je peux dire que nombre de collègues devraient faire plus attention car oui les enfants sont comme des éponges. Pour finir, vous avez bien de la chance d’avoir eu cette conférence et de nous la faire partager c’est trop cool, cela permet de se remettre en question alors une fois de plus, merci Maryse.
    Bises Maryse

    • De rien ma belle SAM, oui je pense que comme tout chose, les idées sur la douce violence peuvent aller très loin, mais prendre ce que nous pensons être le meilleur pour les enfants et nous est déjà un grand pas 🙂 Oui je suis comme toi certaines de mes collègues devraient lire ce livre , oui je ne regrette pas cette formation et je voulais la partager avec vous, un deuxième article est à venir !! Bises

  5. Bonjour,

    J’ai eu le plaisir de lire votre article jusqu’au bout et cette formation est vraiment passionnante! C’est très réaliste et très juste. Chaque parent je pense a sa propre conception de l’éducation d’un enfant en fonction de leur propre éducation voire de l’influence de l’entourage. Faire attention aux mots, gestes et même humeurs est essentiel car comme tu le dis si bien, un enfant est comme une éponge.

  6. ah ben justement ce sujet me titille aussi, vivement le prochain article ;).

    Le bavoir est donc une douce violence. Je le conçoit pour la serviette pour l’assiette ou de déshabiller l’enfant mais l’utilisation d’un bavoir me semble adapté non ?

    J’associe souvent l’enfant aux transmissions aux parents. c’est important de ne pas oublier qu’ils sont là.

  7. Ping : la Douce Violence, nous continuons ? | Bricole et Parlotte

  8. Bonjour!
    Et moi, j’ai déjà vu une maman déshabiller son enfant (env.2 ans) au resto, avec un courant d’air en plus, le pauvre se retrouvait presque tout nu (à part la couche) pour manger en compagnie de 10 adultes – eux habillés!!! C’était à Londres et cela m’a choquée!!! Malheureusement, je ne parle pas l’anglais 🙁
    Le bavoir sous l’assiette?? Quelle idée étrange!
    Bon, je lis la suite 🙂
    Alina Articles récents…Champignons en coquillage et rouleau de papier WCMy Profile

    • Je pense que de mettre les enfants en petite tenue pour le repas arrive fréquemment, mais je ne pense pas que les gens se rendent compte que cela peut blesser l’enfant, bonne lecture 😉

      Bisousss

  9. coucou, j’ai assisté à une soirée avec une psychologue sur ce sujet, c’est vrai que moi aussi ça m’a fait réfléchir car je n’aurais jamais pensé que certaines petites choses pouvaient faire partie de la Douce Violence mais bon, déshabillé un enfant pour manger, ça ne me serait jamais venu à l’idée, pour ma part, ils ont juste une serviette, parlé de l’enfant avec une autre collègue, ça arrive à tout le monde mais il faut mesurer ses mots, concernant les parents, je ne dis pas forcément le soir même ce que je pourrais « reprocher » à l’enfant, soit 2 à 3 jours après, et je demande à l’enfant d’aller jouer (en général, il ne se fait pas prier) et j’en parle qu’avec le parent, pas facile de tout gérer…….. et on pourrait en parler longuement ! bisous

    • Oui nous pourrions en parler longuement de la douce violence, mais la formation plus vos regards m’apporte beaucoup ! Merci de ton avis ma belle Marie !

      Bisous

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